Les premiers mois d’exercice de la présidence de Trump ont été une rupture radicale dans les équilibres géopolitiques du monde entier. La radicalité et la brutalité des mesures prises par décret ont d’abord surpris les opinions publiques et les gouvernements et provoqué de nombreuses réactions, une vague de défiance envers les Etats-Unis voire de haine à l’égard de son président et de son administration.



Il eut été étonnant que la scène street art ne traduise pas par de puissantes images la nouvelle donne politique. Les fresques des street artistes traduisent l’émotion, la peur et le rejet de la politique actuellement mise en œuvre.
Que nous disent ces fresques du ressenti des deux premiers mois de la présidente Trump 2 ?


Dans la totalité des représentations, Trump est l’objet de caricatures. Il est vrai que les caricatures de Trump avaient été légion pendant son premier mandat. Elles n’ont guère varié. Le personnage est identifié par quelques traits saillants de son visage et surtout par sa grosseur et sa chevelure blonde. Des artistes le comparent explicitement à un cochon, peut-être la convergence de la grosseur de son corps et de ses propos sexistes. D’autres en font un crocodile sortant de l’œuf, un féroce prédateur. Les comparaisons et les métaphores explicites refusent son statut d’être humain, le ravalant au niveau de l’animal.


Si Trump n’échappe pas à la caricature, il est le plus souvent associé à Musk et Poutine. On a affaire, en fait, à deux duos : Trump/Musk et Trump/Poutine.
Le duo Trump/ Musk est intéressant à plus d’un titre. Musk est, dans un premier temps, ridiculisé. Nombre de street artistes ont représenté son « salut nazi ». Les artistes ne se perdent à conjectures pour savoir si le salut de Musk est un signe manifestant sa complicité avec son auditoire ou un salut identifié comme un salut nazi. C’est pour tous un nazillon ridicule.
Entre l’homme le plus riche du monde et l’homme le plus puissant du monde un lien de vassalité s’est, pour les street artistes, créé. Dans la relation, c’est Musk qui, au sens littéral, tire les ficelles. La figure classique de la marionnette s’est imposée pour traduire la relation de pouvoir en l’inversant.



Curieusement, c’est également l’image de la marionnette qui est reprise pour illustrer la relation entre Trump et Poutine. Cette figure récente découle des derniers développements des pourparlers entamés entre l’administration Trump et la Russie à propos de la guerre en Ukraine.
Il est vrai que la figure de la marionnette est une figure « classique » de la caricature. Elle a l’extrême avantage de parler à tous les publics et d’être comprise.

Toutes les fresques ayant comme thème la politique américaine mise en œuvre par Trump sont des caricatures. Il ne s’agit pas pour l’artiste avec une simple image d’expliquer une situation complexe. Le but est tout d’abord de réagir le plus vite possible à l’actualité en utilisant deux moyens : faire rire, se moquer, pour réduire à néant le crédit des puissants, donner une image schématique immédiatement comprise des « regardeurs », une image appartenant à la culture iconographique des badauds, pour qualifier la nature des relations entre les personnages.



