
Dans le monde entier analyses savantes, libelles, satires, et images diverses et variées traduisent l’incroyable montée de la colère contre le président Donald Trump et la mise en œuvre de sa politique.
Je laisse bien volontiers aux spécialistes du discours politique la lourde tache de l’examen des arguments des adversaires de Trump, je préfère restreindre ma réflexion aux images, photographies des fresques de street art mais aussi aux images créées par l’intelligence artificielle, plus précisément à celles (et elles sont légion !) qui ont explicitement l’objectif de se moquer de Trump.





Notons, mais ceci est une évidence, que le recours à l’humour est une façon bougrement efficace de décrédibiliser un homme politique. Rendre un homme politique, non pas drôle, mais ridicule entame voire détruit son image auprès de l’opinion publique et l’autorité du politique tient à son image.
Je passe sous silence (ou presque !) la liste dressée par ses contempteurs qui fait un inventaire, sommaire hélas, de ses défauts. Parmi ceux-ci, le manque d’intelligence, la malhonnêteté, le manque de loyauté, l’absence de courage, l’immoralité etc.
Je me centrerai dans un premier temps sur son manque d’intelligence. Il est le plus souvent associé à son insatiable besoin de gagner beaucoup d’argent dans l’exercice de ses fonctions, lui l’héritier qui est depuis toujours riche comme Crésus (et peut-être davantage !)
De son mépris pour la culture vient par association d’idées l’image du clown. Un auguste triste. Comparaison renforcée par sa vidéo de campagne dans laquelle on voit le candidat républicain servir des frites dans un restaurant McDonald’s. L’image subliminale de la mascotte s’impose alors à tous les (mauvais) esprits. La comparaison n’est guère flatteuse pour les clowns !
Du manque d’intelligence découle également l’idée du gros bébé. Un nourrisson obèse trop gâté qui fait des bêtises.
Clown qui ne fait rire personne, bébés gavé et débile, les images sont des caricatures certes mais, parce qu’elles renvoient à des traits authentiques de Trump, elles trouvent un écho certain chez le spectateur.
Décidément les critiques de Trump n’y vont pas avec le dos de la cuillère !






À cette outrance des comparaisons s’ajoutent, pour faire bon poids, les références à son physique.
Parce qu’il est grand (1, 90 m) et fort (au passage, notons que les hommes sont forts tandis que les femmes sont grosses !), il pèse plus de 108 kg, les caricatures en font un nain obèse. Un procédé comique classique qui marche toujours !
Le plus souvent Trump est réduit à deux traits physiques, ses cheveux blonds et son embonpoint. Le monde entier, voire l’univers dans son immensité, connait le soin qu’apporte Trump à sa chevelure. Chacun apprécie les connaissances présidentielles en capilliculture, de la teneur en calcaire de l’eau de la Maison Blanche, aux nuances de leur teinture. Sa mèche accède à la célébrité !

Pour clore cet inventaire non exhaustif des moqueries dont il est l’objet, notons l’association de Trump aux dictateurs, aux anciens et aux actuels : D’Hitler à Poutine, de Xi Jinping à Kim Jong-un.
Les images rendent compte à mon sens de l’extrême violence des réactions d’un bon nombre d’Américains, au personnage qu’est Donald Trump et une réaction à l’extrême violence de sa politique. Action et réaction. On peut y voir le fossé de plus en plus profond entre deux Amériques : celle des conservateurs libertariens et celle des tenants d’une démocratie fondée sur l’ouverture au monde, la tolérance, le respect de la Constitution et celui des droits de l’Homme.


