Pour sa 408e édition, le Mur Oberkampf nous propose une œuvre de l’artiste portugais Mura.
Mura nous offre dans cette deuxième quinzaine du mois de juin une fleur, une fleur gigantesque couvrant non seulement les deux panneaux du « mur » mais débordant en haut, en bas, sur les deux côtés.

Non pas une fleur dans son entier, mais la partie supérieure d’une fleur.
Autour du cœur de la fleur, de manière concentrique, sont peintes les étamines. Elles sont en partie entourées de pétales. Le cœur est divisé en secteurs qui alternent deux nuances de violet. Les étamines empruntent les couleurs des pétales, une suite de dégradés de roses. La fleur a des traits qui l’apparente à une pivoine ou à une anémone.
Autour du cœur de la fleur, de manière concentrique, sont peintes les étamines. Elles sont en partie entourées de pétales. Le cœur est divisé en secteurs qui alternent deux nuances de violet. Les étamines empruntent les couleurs des pétales, une suite de dégradés de roses. La fleur a des traits qui l’apparente à une pivoine ou à une anémone.


Reste à comprendre pourquoi l’artiste consacre son talent, qui est patent, à la représentation de fleurs.
Il serait bien tentant de voir dans les fleurs de Mura des symboles. De tout temps, les fleurs ont été associés à la féminité et à la beauté. Elles furent même l’objet d’un langage. Notons que de nos jours ces valeurs symboliques sont très largement oubliées.


Voir dans la peinture de Mura une nature morte serait de la même manière une fausse piste.
Les fleurs de l’artiste ne sont pas « mortes » bien au contraire, elles sont dans leur plénitude, « vivantes ». Dans la peinture des vanités, la fleur flétrie était le symbole de la mort, son chromatisme accentuait la signification symbolique du déclin et du trépas.
Notre fleur, celle qui est l’objet de mon commentaire, est au contraire dans un moment remarquable, elle ouvre ses pétales et nous montre son « cœur ». Elle est au summum de sa beauté.


Les « regardeurs » loin de chercher vainement des symboles verront dans la peinture de la fleur un exercice illustrant le talent de dessinateur de l’artiste et ses qualités de coloriste. Il n’est pas simple de rendre compte de la forme des pétales. Elles sont comme froissées. Cet aspect est rendu par le jeu subtil des roses et des blancs. Leur alternance dessine des formes avec une grande délicatesse.
Aux courbes des pétales s’opposent le dessin des étamines. Elles sont reliées au cœur par des traits sombres formant une couronne. Leur géométrie est un élément de rupture dans les courbes majestueuses des pétales. Le « cœur » sombre décline dans la variété des violets l’harmonie des roses.
Le fond peint en noir du support contraste fortement avec la représentation de la fleur.
La fresque de Mura est certes un exercice qui illustre la maîtrise technique de l’artiste. En ce sens, c’est une œuvre décorative.
La vue éclatée de la fleur et le gros plan sont ici symptomatiques d’une vision du réel ; la beauté du monde est partout y compris dans les toutes petites choses, comme le cœur d’une fleur en son acmé.
